Comment on en est arrivé à créer un jeu de société sur la mort — et pourquoi ça nous paraît, au fond, tout sauf morbide.
On travaille tous les deux, au quotidien, dans le secteur funéraire en Suisse. On accompagne des familles dans les pires moments de leur vie, on voit la mort de près, sous toutes ses formes — et on a fini par remarquer une chose : plus les gens évitent d'en parler avant, plus c'est dur pour eux le jour où ils n'ont plus le choix.
Alors, un jour, entre deux dossiers, on s'est dit : et si on inversait la vapeur ? Et si, au lieu d'attendre le pire moment pour aborder le sujet, on en faisait un moment qu'on choisit — autour d'une table, avec des cartes, un verre, et des gens qu'on aime ?
De la mort qui tue est né de cette envie. Ce n'est pas un jeu pour faire peur, ni un jeu pour choquer. C'est un jeu pour rire — parce que rire de la mort, c'est aussi une façon de l'apprivoiser, et de se dire des choses qu'on n'ose pas toujours se dire autrement.


On ne veut pas transformer un moment de deuil en blague — on connaît trop bien la différence entre humour et légèreté mal placée. Mais on croit qu'il y a un espace, avant que la mort ne frappe à la porte, pour en parler autrement : avec curiosité, avec humour, sans tabou.
C'est ce qu'on a essayé de mettre dans ce jeu : des cartes qui font sourire, qui font réfléchir, et qui, parfois, permettent de dire à quelqu'un qu'on aime ce qu'on n'avait jamais osé lui dire.